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La troisième frontière du Web

Jeudi 11 mars 2010

Chacun sent que le Web entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement.

Les tentatives de synthèse fleurissent, mais ne semblent pas suffire à rendre compte des évolutions en cours. Peut-être sont-elles encore trop vagues? ou déjà trop précises? Le concept de « Web Squared » s’ajuste assez bien au « Web 2.0″ passé, mais il ne permet pas vraiment de saisir la nature des changements, moins encore d’en déduire les effets concrets. Le « Web en temps réel », l’une des principales expressions du moment, ne nous renseigne pas beaucoup plus sur la portée de ces changements.

Peut-être trouvera-t-on d’ailleurs inutile de vouloir décrire les évolutions d’ensemble du Web? Il y aurait de très bonnes raisons pour celà. Assemblage de ressources techniques, de fonctionnalités et d’usages, le Web ne se réduit à aucune de ces dimensions en particulier. Le succès des nouveautés techniques y dépend de l’écosystème de produits existants. L’évolution des produits y est liée à celle des usages. Les usages ne s’y développent qu’à partir des techniques et des produits. Ce réseau d’interaction semble totalement rétif aux synthèses, tout occupé qu’il est à surprendre et à réinventer.

Je crois pourtant que la nature décentralisée du Web offre un moyen de comprendre son orientation. Sans dirigeant, sans régulation externe, sans règlement interne ou plus exactement avec un nombre de règles tel qu’aucune n’est jamais uniformément appliquée, les principes fondateurs du Web sont les seuls capables de véritablement le coordonner. Ce sont eux qui tracent les orientations de l’ensemble, des orientations que l’on peut donc comprendre et prolonger.

C’est cette piste que je voudrais explorer ici. J’espère qu’elle permettra d’éclairer la très courte histoire que le Web a connu jusqu’ici, peut-être plus encore d’en déduire les évolutions à moyen terme. Il ne s’agira certes pas là de prédire un quelconque avenir – il y a une limite au plaisir de se tromper – mais d’essayer de rendre visible des évolutions déjà engagées, des évolutions peut-être suffisament profonde pour influence le Web pendant de nombreuses années.

Les principes fondateurs du Web

Ces principes sont simplement les objectifs initiaux que Tim Berners-Lee et Robert Caillau ont donnés à leur projet. En éliminant le jargon technique, il est possible de les réduire à trois propositions générales et universellement valables:

1- Permettre à chacun d’accéder à tout type de document

2- Permettre à chacun de diffuser ses propres documents

3- Permettre à chacun d’organiser l’ensemble des documents

Ils ont guidé le développement des technologies, des fonctionnalités et des usages du tout premier Web, limité d’abord aux scientifiques du CERN puis aux communautés de chercheurs qui lui étaient liées.

En raison du très petit nombre d’utilisateurs initiaux et de la population très particulière à laquelle ils appartenaient, ce tout premier Web était doté d’une propriété qui n’a jamais été reproduite depuis : chacun de ses utilisateurs avait suffisamment de compétences techniques pour accéder aux documents, pour en créer, et enfin, en programmant en HTML, pour participer à l’organisation de l’ensemble des documents. A la fois lecteur, créateur et organisateur, chaque utilisateur se conformait aux trois principes fondateurs.

Le Web initial, micro-démocratie où chacun disposait de tous les attributs d’un média, assura son propre développement et fixa durablement ses orientations. Son objectif en tant que projet était tracé : permettre à chaque utilisateur de devenir un média complet, c’est-à-dire de lire, de créer et d’organiser l’ensemble des documents qu’il souhaitait.

L’ambition était à la fois immense et claire. Immense car il ne s’agissait ni plus ni moins que de démocratiser l’ensemble de l’activité médiatique. Claire, car l’utopie proposée à tous était en fait déjà réalisée par le petit groupe des pionniers. Elle plaçait ainsi les principes fondateurs au centre de la régulation et du système de développement du Web

Le Web devint un projet Open Source universel et sans leader déclaré, comparable en cela, mais à une autre échelle, à ce qu’est en train de devenir Wikipédia. Ses principes fondateurs assuraient l’intégration des nouveautés dans l’écosystème. Ils renforçaient naturellement celles qui leur correspondaient, freinaient mécaniquement les autres, et orientaient ainsi durablement l’évolution d’ensemble.

Les deux premières phases d’expansion

Que l’on regarde maintenant les vingt années écoulées depuis le Web des pionniers, et l’on verra que les principes fondateurs ont non seulement assuré l’unité de d’ensemble du projet, mais encore structuré les étapes de son développement.

Le principe « permettre à chacun d’accéder à tous les documents » établit la première frontière du Web et guida sa première expansion. Pour l’essentiel, cette phase s’étendit de 1994-95 à 2003-2004. Elle correspondit au développement massif d’un Web pyramidal, dans lequel un petit nombre réalisait, organisait et distribuait les contenus que la majorité consommait. Le portail et le moteur de recherche en étaient les produits clés ; HTML et PHP les technologies principales ; l’accès à l’information l’usage privilégié. Il n’est pas inutile de rappeler que ce modèle recouvre encore la majorité du Web actuel, et continue à se développer au rythme de croissance d’internet.

La deuxième phase d’expansion du Web commença lors des années 2000-2002, sous l’impulsion de projets tels que Blogger, Myspace puis Wikipédia. Rapidement identifié comme un tournant majeur, le « Web 2.0 » correspondit simplement à la popularisation du deuxième principe fondateur : « permettre à chacun de diffuser ses propres documents ». Des technologies telles qu’AJAX ou RSS offrirent au plus grand nombre des fonctionnalités de création et de diffusion jusqu’alors réservées aux seuls développeurs. Une foule de produits permit à chacun de mettre en ligne des contenus de tous types. Le succès du premier Web et la force d’ensemble du projet permirent enfin aux usages correspondant de s’étendre massivement. Les blogs, les réseaux sociaux, les wikis devinrent les emblèmes de la démocratisation de la parole et de la discussion généralisée.

On peut aujourd’hui estimer que le Web participatif appartient au quotidien de 200 à 300 millions de personnes. Le deuxième principe du Web a franchi à son tour le petit cercle des pionniers pour transformer les usages du grand public. Les technologies, les produits et les modes de fonctionnements sont maintenant en place pour qu’il s’étende progressivement à l’ensemble de la population. Son développement, devenu prévisible, ne requiert plus d’innovation radicale. Il se prolongera naturellement au fil des années.

La troisième frontière

Même rapidement évoquées, les deux premières étapes font nettement apparaitre ce qui constitue aujourd’hui la nouvelle frontière du Web. Au-delà de la foule d’innovations et de nouveautés qui poursuivent des voies déjà tracées, l’une des trois composantes du projet Web, « permettre à chacun d’organiser l’ensemble des documents » est encore loin d’avoir trouvé la voie du grand public.

A-t-on remarqué que le maillon essentiel du tissu technologique du Web, la traduction technique du troisième principe, le langage HTML, est à la fois celui qui a le plus contribué à la diffusion du Web et celui qui s’est le moins éloigné de sa forme technique initiale ? Que la création des liens hypertexte, qui tisse la structure véritable du Web, l’architecture des sites, le point de repère des moteurs de recherches, reste une activité complexe, très éloignée du quotidien, très peu adaptée à la multitude d’usages qui pourraient en découler ?

Après avoir permis à chacun de tout lire et de tout diffuser, le Web doit permettre à chacun de faire ce que ses premiers utilisateurs ont toujours pu faire, ce qui est au cœur de sa radicale originalité : tout organiser. L’écosystème du Web doit progressivement bâtir les technologies, inventer les produits et façonner les usages qui permettront à chacun de manipuler les contenus créés par chacun, de les assembler, de les éditer, de les hiérarchiser, de leur donner du sens. Le Web doit permettre à chacun d’être un média complet.

S’agit-il là d’un souhait ? D’un pari ? D’une hypothèse prospective ? Il s’agit au fond de bien plus que cela. Si des orientations pratiques pour l’avenir d’un système aussi complexe que le Web peuvent être tracées, elles doivent s’appuyer sur les seuls points de coordination possibles entre des acteurs trop divers et trop nombreux pour eux-mêmes se coordonner. Elles doivent s’appuyer sur les seuls éléments partagés : les principes fondateurs du projet.

Dire que la prochaine étape du développement du Web est la démocratisation de la capacité de l’organiser, c’est simplement constater que des trois brins d’ADN initiaux du Web, celui-là seul n’a pas atteint le niveau de développement des autres. Qu’il constitue à proprement parler la nouvelle frontière du projet.

Vers le Web total

Mais s’il en est ainsi, dira-t-on peut-être, puisque les développements successifs du premier et du deuxième principe sont maintenant assurés, les techniques, les produits et les usages innovants ne devraient-ils pas aujourd’hui converger vers cette nouvelle frontière supposée ? C’est bien ce qui se dessine sous nos yeux : la troisième phase du Web est déjà lancée.

Les conditions, les besoins et les moyens sont réunis pour que le troisième principe du Web s’étende au-delà du petit groupe des professionnels et des pionniers.

Sur le plan des usages, les réseaux sociaux sont en train de populariser l’édition instantanée de contenus. Prés de 20% des twitts échangés contiennent des URLs. Facebook place l’échange de lien au sommet de sa hiérarchie de fonctionnalités. Chez nombre de passionnés du Web, la lecture des contenus proposés par une communauté remplace celle des aggrégateurs de flux automatisés.

Sur le plan des techniques, systèmes collaboratifs et « Web en temps réel » permettent à chacun de coordonner ses appréciations avec ses différentes communautés, d’organiser au fil de l’eau les éléments passant à sa portée. Le mouvement d’ouverture des données et les technologies sémantiques étendent à la fois la matière première d’organisation du Web et les moyens d’y accéder. Les interfaces riches offrent les moyens de simplifier à l’extrême les opérations d’édition et d’organisation, pour que chaque utilisateur puisse manipuler des données complexes de manière intuitive, ludique et naturelle.

Sur le plan des produits et des fonctionnalités, les géants du Web comme les start-ups les plus avancées se dirigent insensiblement vers le Web organisé par l’utilisateur. Les dernières innovations de Google ? Un système de collaboration généralisé – Wave – un système de discussion public de l’ensemble des contenus du Web – SideWiki – et l’ouverture de son moteur de recherche aux avis explicites et aux notations de ses utilisateurs.

C’est d’ailleurs le modèle hiérarchique et automatique du moteur de recherche que l’organisation du Web par ses utilisateurs s’apprête à remettre en cause. Wikia fut la première tentative notable de développement d’un moteur de recherche à algorithme collaboratif. Mahalo renforce maintenant la dimension humaine de la recherche en orchestrant les questions d’utilisateur à utilisateur. Pearltrees, précisément défini comme un réseau d’intérêt, permet aux membres de sa communauté d’organiser, de connecter et de retrouver naturellement l’ensemble des contenus qui les intéressent. Foursquare, à la différence des systèmes de géolocalisation qui l’ont précédé, ne s’applique pas aux personnes mais aux objets : les joueurs y organisent ensemble les lieux où ils ont l’habitude d’aller.

Les techniques, les produits et les usages issus des premières et deuxièmes phases ne vont pas pour autant s’effacer. La prochaine étape combinera au contraire les trois principes qui ont fait l’histoire et l’originalité du Web : elle fera de chacun à la fois un spectateur, un créateur et un organisateur.

Le Web sera alors pour tous ce qu’il fut pour un petit nombre : un média total, démocratique et démocratisé.

Le visionnaire, l’évangéliste et la communauté

Lundi 24 août 2009

Je ne sais exactement pourquoi les mots du Web s’inspirent aussi souvent des thèmes religieux.

Peut-être est-ce simplement la conséquence du vieux fond protestant des pionniers de la Silicon Valley ? Peut-être est ce l’effet de l’ambition hors-norme qui conduit le Web, et à quoi rien d’autre ou presque ne saurait se comparer?

Dans ce vocabulaire, il est en revanche un point qui ne devrait pas étonner : c’est la prééminence du social sur le technique. Les technologies Web sont sociales par nature. A la différence de la roue, de l’imprimerie ou de la poudre à canon, elles ne réalisent presque rien d’elles-mêmes. Elles ne valent qu’en transformant simultanément les usages d’un grand nombre de personnes.

Toute évolution du Web, petite ou grande, s’appuie certes sur des évolutions techniques, mais ce sont les changements massifs des usages qui font les révolutions.

Web revolutions, par Patrice

Alors, dira-t-on peut-être, si les évolutions techniques ne valent que par les nouveaux usages, et que les nouveaux usages s’appuient nécessairement sur les évolutions techniques, d’où vient ce changement que nous observons tous les jours sur le Web ?

Ce sont là qu’interviennent ces trois mots étranges et vaguement religieux qui étonnent tant ceux pour qui le Web n’est fait que de technique et de fonctionnalités : le visionnaire, l’évangéliste et la communauté.

Que l’on se rassure, aucun n’est lié à une quelconque divinité. Tous touchent en revanche très concrète cette matière sociale et humaine par laquelle de nouveaux usages s’inventent, de diffusent et s’installent dans nos sociétés.

Le visionnaire n’est pas tant celui qui prévoit l’avenir – domaine ou chacun partage très démocratiquement la quasi-certitude de se tromper – que celui qui donne une sens à des évolutions déjà engagées. Il identifie ce qui est déjà là, voit et surtout partage ce qui change ici et maintenant dans les techniques et les usages. En proposant une nouvelle manière de comprendre les phénomènes existants, il donne aux technologies et aux usages les moyens de se transformer pour créer de nouvelles technologies et de nouveaux usages cohérents et capables de s’installer. Il permet aux innombrables individus qui font le Web de se coordonner.

Web visionaries, par Patrice

L’évangéliste est celui qui diffuse les nouveaux usages. Il convainc des groupes de plus en plus nombreux d’utiliser une nouvelle technologie, mais aussi découvre, comprend, adapte et guide en permanence ces mêmes technologies.

Dans le contexte hautement participatif du Web, il ne saurait se contenter de répéter une idée ou une doctrine : il l’amende en permanence, il la transforme au fil de son adoption, il l’adapte aux nouveaux utilisateurs comme ces nouveaux utilisateurs s’adaptent eux-mêmes à la technologie. Il intègre les nouvelles idées aux anciennes pratiques et les anciennes pratiques aux nouvelles idées.

Web evangelists, par Patrice

La communauté enfin, cela n’étonnera personne, est le support ultime d’une nouveauté. C’est elle qui la fait vivre, l’enrichit, la réinvente aussi, et parfois bien au-delà de ce que l’idée originelle pouvait porter. C’est à la fois la preuve du succès d’une nouveauté et la force sociale qui assure son développement et sa pérennité.

Le Web dans son ensemble est en premier lieu une institution sociale : visionnaires, évangélistes et communautés en sont les inventeurs toujours renouvelés.

Le Web : un projet de démocratisation inachevé?

Mercredi 11 février 2009

Le Web constitue au fond un projet de démocratisation des médias. Avec toute leur diversité, les outils, les plateformes et les pratiques qui se sont accumulées depuis sa naissance  tendent à faire de chaque utilisateur un média plein et entier.

De fait, la phase que l’on a nommé Web 2.0 a transformé la pratique de millions d’utilisateurs. Ceux qui étaient les spectateurs de contenus réalisés par une poignée de professionnels et de passionnés sont aujourd’hui les principaux créateurs du Web. Le nombre, la diversité et la qualité des contenus offerts à tous a connu une croissance sans précédent.

Pourtant, la démocratisation de la création n’a pas entrainé la démocratisation de l’accès aux contenus. Ce sont les moteurs de recherche et les grands portails, non les internautes, qui guident et orientent la navigation des internautes. Les systèmes de vote et les sites de partage de favoris ne remédient pas à cette situation. Agrégeant les points de vue individuels plutôt que d’en tirer la spécificité, ils produisent des résultats de même nature que ceux des moteurs de recherche.

Ce déséquilibre entre création démocratique et accès centralisé aux contenus constitue une entrave bien visible :

-        En tant que spectateurs, les internautes ne trouvent pas leur chemin dans la masse énorme des contenus susceptibles de les intéresser

-        En tant que créateurs, les internautes qui veulent développer leur audience doivent s’investir dans des activités de diffusion et de référencement bien éloignées de leurs véritables intérêts

C’est peut-être la source de cette étrange sentiment qui rassemble aujourd’hui les analystes du Web. D’un coté, la production massive de contenus par les utilisateurs constitue une évolution sans égale dans l’histoire des médias, d’un autre coté, cette production semble bien peu visible, bien peu accessible au regard des efforts qu’elle suscite.

Je crois qu’il manque un maillon déterminant dans le mouvement de démocratisation du Web, un maillon permettant à chacun de devenir l’organisateur, le cartographe, en un mot l’éditeur de son Web comme de celui des autres…

…que tant que cette activité d’édition ne sera pas démocratisée, l’un de mouvement majeurs du Web restera largement inachevé.

Chrome: offensive du Web ou offensive contre le Web?

Mercredi 3 septembre 2008

La blogosphère techno aurait-elle oublié ce qu’elle doit au Web? Dans le déluge d’article qui accompagne la sortie de Chrome, j’en vois beaucoup pour s’enflammer à tout va, beaucoup pour buzzer à perdre haleine, bien peu pour se poser quelques questions sur les directions que Google veut faire prendre au Web.

On parle beaucoup de Web OS, de concurrence avec Microsoft, de terminaux Web resserés, et certes, tout ce qu’on en dit est souvent vrai, mais on semble oublier qu’avec un navigateur Web, c’est peut-être avant tout au Web que Google est en train de s’attaquer… et que peut-être le mot s’attaquer n’est pas à prendre ici au figuré:

  • En mettant en avant ses propres contenus (les suggestions de recherches) lorsque l’utilisateur entre une adresse dans la barre URL, Google tente ni plus ni moins d’altérer la nature des déplacements sur le Web. Il essaye de substituer son propre recensement, sa propre mise en forme, son propre classement à ce que les utilisateurs du Web ont patiemment constitué. Il ne le fait pas sur son site – ce qui est bien son droit, et d’ailleurs son métier- il le fait dans ce que l’utilisateur considère -à tord ou à raison- comme sa propriété.
  • En intégrant le déplacement sur le Web (la barre URL) , le déplacement sur ses propres sites (la barre Google et bientôt se autres fonctionnalités) et l’outil qui permet de se déplacer (le navigateur), Google se glisse dans une des principales zones d’indépendance des pouvoirs du Web: il mêle délibéremment la fenêtre de liberté qu’est le navigateur avec son propre index et ses propres bases de données.
  • En établissant une communication systématique entre un navigateur qui abrite les données intimes des internautes, des sites battis autour de gigantesques outils de traitement de données et des activités publicitaires qui sont au fond le cœur de son métier, Google s’immisce enfin dans un espace où la confiance est une radicale nécessité…

Il faut bien l’écrire: si Google n’établit pas de séparation entre la fenêtre qu’il ouvre sur le Web et les outils qu’il y propose… la confiance sera de moins en moins méritée.

Plaisir du carnet, bonheur du nouveau projet

Jeudi 22 mai 2008

Quel plaisir de revenir à ce blog et d’écrire les premières lignes de ce billet!

Je sais, je sais, voilà déjà quelque temps que mon rythme a ralentit au point de sembler se suspendre, et même, certains diraient de complètement s’arrêter.  Ce n’est pas que je m’éloignais du Web, c’est assez précisément le contraire, et c’est que le Web absorbait toutes mes pensées.

Il faut que je retourne un peu en arrière. Au fil des mois, les idées jetées sur ce carnet se sont cristallisées. Les questions posées ici ou là ont voulu trouver des réponses plus incarnées. La logique participative demandait que l’on participe et que l’on ne se contente pas d’analyser. Les paroles sont devenues des plans, les plans des travaux de plus en plus concrets, et les travaux une entreprise en train de se créer.

Le projet était déjà lancé.

Ne cherchez pas d’adresse ou de site. Ne cherchez pas non plus le buzz en train de se créer. Les sujets sont trop nouveaux, les problèmes sont trop variés, rien ne sera visible avant plusieurs mois, pas même une alpha très privée.

C’est certes un paradoxe que de lancer une start-up sans en presque parler. Cela le paraitra plus encore si j’ajoute que le Web participatif en est la matière et le sujet. Faudrait-il taire alors une activité si proche de la matière habituelle de ces billets ? Ou plutôt, si l’on procède ainsi faudrait-il renoncer à mon cher petit carnet ? En faire un blog d’entrepreneur bien standard et bien classifié ?

Rien de tout cela aujourd’hui… Pas de changement radical sur un carnet dont le changement radical a été et restera le sujet. Pas de changement du carnet, mais de nouvelles préoccupations du carnetier…

… et le plaisir de revenir à ce blog et d’écrire les dernières lignes d’un billet !