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Wikis, blogs et créations collectives renouvelées

Jeudi 8 novembre 2007

Les wikis et les blogs engendrent deux formes radicalement opposées de création collective. Dans les wikis, le produit est d’emblé partagé et l’individualité des contributeurs marginalisée. Cette dernière se développe néanmoins au fil des contributions, où les auteurs acquièrent une expérience et une renommée qui leur permet peu à peu d’arbitrer les conflits et de tracer les orientations. Inversement, les blogs sont individuels au premier abord, et ce sont les ajouts successifs de liens, de commentaires, de citations, de réponses de billets à billets, de sujets de discussion croisés, qui génèrent un produit véritablement collectif.

Ces mouvements opposés dessinent les forces et limites des deux formes d’expression.

Les Wikis bâtissent le consensus et la pérennité. En alignant progressivement les points de vue, ils stabilisent une œuvre commune qui se perpétuera dans la durée. En alignant progressivement les points de vue, ils éliminent aussi l’originalité, le sens créateur, l’énergie et la nouveauté. A cet égard il est naturel qu’une encyclopédie en soit jusqu’à présent le produit principal: quoi de plus stable qu’une encyclopédie? Quoi de plus durable? Quoi de moins innovant?

Les blogs engendrent le mouvement et la variété. En confrontant les individualités, ils les poussent à la différence, au changement, à la variété. En confrontant les points de vue, ils éloignent aussi la perspective d’un accord durable, d’un approfondissement collectif, d’une pause dans la quête permanente d’originalité. Les bloggeurs sont immanquablement poussés vers l’actualité, vers la nouveauté pour elle-même, quelle que soit son sens et son objet. Comment mieux remplir son obligation permanente de production? Quel meilleur moyen de s’intégrer dans les discussions du moment, de développer des liens, de générer de nouvelles controverses? Quoi de plus dynamique et quoi de moins durable?

Je rêve parfois de nouvelles formes de création collective qui trouveraient de nouveaux points d’équilibres entre feu et solidité… entre création et consensus… entre variation et durée. La technique ne semble pas nous limiter mais bien plutôt l’imagination. Faut-il concevoir des hybrides? Des modes de discussion résolument distincts des deux premiers? Comment et pour quels usages les employer?

La Grande Plume et les petits claviers

Lundi 5 novembre 2007

Je ne me lasse pas du blog de Franz-Olivier Giesbert. 

Loin de moi l’idée de moquer la courtisanerie quelque peu bouffonne du personnage: sous nos cieux médiatiques hyper-présidentialisés, elle confine à la banalité. Ce serait plutôt… Comment dire? Cette étonnante rencontre entre la Grande Plume du Grand Journaliste et tous ces petits claviers sortis d’on ne sait où, par l’odeur d’internet attirés. Certains y verront une parabole -je vous laisse en juger sur ce qui me semble être l’un des plus beaux billets-, d’autres vous conseilleront de ne pas faire trop de bruit en visitant… Il serait bien dommage que notre héros s’aperçoive qu’il est commenté.

Web 2.0: le mythe des contenus générés par… les professionnels

Mardi 30 octobre 2007

Trait caractéristique des temps de révolution mentale: les opinions les moins fondées y prennent parfois l’apparence et la force de la lucidité.

C’est en tout cas de lucidité que se parent les thèses anti web 2.0 qui fleurissent en ce moment sur l’internet, et pour lesquelles la participation des utilisateurs à la création de contenu est un “mythe” ou une “illusion”. Voir Scott Karp pour l’argument détaillé, Nicolas Kayser-Brill pour une réponse partielle, Philippe Gammaire pour un débat acharné, Julien Jacob et Benoit Raphael pour plus de contexte sur le sujet.

Nos “anti-amateurs” partent d’un constat simple: des kilomètres de pages Myspace ne supportent pas la comparaison avec les lignes d’un bon écrivain ou les portées d’un bon musicien. Ils en déduisent que le contenu généré par l’utilisateur est un mythe, que les sites collaboratifs sont essentiellement des filtres de sélection, que le web 2.0 est au mieux un processus de recrutement, au pire un moyen de subversion contre les règles établies. S’ils ne parlent pas de “nivellement par le bas”, c’est peut-être que l’expression leur parait trop peu “professionnelle”, mais l’idée s’est déjà certainement nichée dans leur pensée.

La simplicité de l’argument masque sa totale déficience: si les travaux professionnels sont supérieurs à ceux des amateurs ce n’est pas parce que la nature des uns diffère de celle des autres, pas même parce que les uns y consacrent plus de temps que les autres, c’est tout simplement que les meilleurs créateurs sont devenus des professionnels. Nos chers Trissontins ont-ils déjà vu des diplômes d’écrivain célèbre? Une école de rocker déjanté? Croient-il qu’il existe un gène de la créativité? Croient-ils enfin qu’il existe une différence de nature, c’est-à-dire que la supériorité des personnes se traduise dans leur œuvre?

C’est le contenu généré par les professionnels qui est un mythe. La qualité d’un œuvre dépend de l’originalité de l’auteur, de la qualité de son travail, parfois de son expérience, parfois au contraire de sa fraicheur, en aucun cas de son diplôme ou de son statut. Si l’auteur parvient à faire reconnaitre ses qualités, il deviendra peut-être professionnel, et ne perdra vraisemblablement pas son talent au passage. Voila pourquoi le contenu professionnel est généralement meilleur, et pourquoi nos amusants Trissotins, prenant l’effet pour une cause, peuvent soutenir leurs arguments primesautiers.

Plus pratiquement, l’argument du professionnalisme ne peut germer que dans l’esprit d’un professionnel oublieux de ses jeunes années… Les écrivains, musiciens, plasticiens savent bien que leurs qualités ne sont pas nées le jour de leur reconnaissance; elles se sont bien souvent formées au temps de leur amateurisme; elles ont même parfois décliné au moment de leur succès. Sans parler des œuvres qui amènent à une professionnalisation, il est une infinité de domaines, de la vie quotidienne aux loisirs, dans lesquels se nichent les opportunités de produire et de créer. Retournons encore l’argument: connaissez-vous beaucoup de gens qui ne soient pas capables de produire des choses utiles ou belles? Pas nécessairement des nouveautés considérables, simplement des contenus ou des informations utiles à leurs communautés?

Ceux qui rependent le mythe du professionnalisme voient une aristocratie de créateurs offrant un bien rare et unique à des peuples de spectateurs égarés. La où ils croient dire la norme, ils se contentent de décrire les faits, c’est-à-dire le fonctionnement de ces vieux médias, nécessairement hiérarchiques, naturellement pyramidaux, où la division entre producteur et spectateur solidifie artificiellement les fonctions et les postures.

C’est ce vieux pli de sociétés industrielles que la révolution médiatique est en train d’abolir. Elle étend la légitimité de la création. Les résistances et les hésitations de toutes sortes de “professionnels” ne font que commencer.

Le rythme des médias

Lundi 29 octobre 2007

Lundi de vent et de pluie, matin au rythme lent. J’entends crépiter la radio, je vois les fils d’actualité défiler sur mon écran, je vois tourner les rouleaux rapides des portails, les blogs absorbent lentement l’information, la reprennent, la digérent, je vois des controverses apparaitre, d’autres disparaitre ou se prolonger…

Les médias se répondent mais ne se mêlent pas. Si chaque média est le support d’une discussion, chaque média possède son rythme propre, son tempo, sa diction. Peut-être ce rythme nourrit-il le contenu au point de le définir? Peut-être chaque nouveau tempo enfante-t-il des discours renouvelés?

On peut presque définir un média selon ce critère unique: le rythme de la discussion. 

Les anciens médias génèrent des successions de monologues: le monologue accéléré des radios & télés, le monologue bien structuré des journaux, et dans un autre registre, beaucoup plus lent, beaucoup plus posé, le monologue lointain des livres, dont les discours se répondent ou s’ignorent au fil des années, inventent des traditions, structurent ou dissipent insensiblement la pensée.

Etonnamment, la différence entre anciens et nouveaux médias ne tient pas à l’intensité mais à la nature du rythme. Les nouveaux médias ne sont ni systématiquement plus lents ni toujours plus rapides: ils nous font passer des monologues successifs aux dialogues véritables. Pour ce qui est de la vitesse, ils offrent une variété proche de celle de leurs ainés: discussions accélérées –portails d’information, sites d’actualité-, accumulation de textes et de commentaires –blogosphères-, rythme lent des écritures à plusieurs mains –wikis et autres travaux partagés-…

Et si la quête de nouveaux médias était celle de nouveaux tempos? Non pas de discussions plus rapides, mais de rythmes inattendus, plus lents ou plus profonds, plus purs ou plus colorés?

Les polaroids du président

Samedi 27 octobre 2007

Régimes spéciaux, grève, divorce, Maroc, Rafales, Alstom, Grenelle, Ecotaxe,… Amorces, entames, rodomontades, déclarations, transitions…

Clichés sur clichés, l’actualité présidentielle est une succession de polaroids en accéléré. 

Toutes les radios et les télévisions relaient les nouveaux objectifs du champion des ruptures, le regard fier, le courage inflexible… La pose est prise. Le cliché diffusé. Pourquoi s’attarder des lors? Pourquoi faire vivre un débat, une discussion, une véritable question? Les sous-ministres compétents feront voter des lois mal ficelées plus tard…

Quelle importance puisque la pose est prise et puisque le cliché est diffusé? L’image disparaitra quelque jour plus tard, effacée par la complexité du monde vrai. Quelle importance? De nouveaux polaroids auront succédé au premier. Des polaroids encore quand ses derniers se seront envolés…

Les vieux médias aiment tant gloser sur les faiblesses supposées d’internet. Ayons a notre tour une pensée émue pour ces géants sans mémoire, prisonniers d’un nouveau président déjà vieux, capables de diffuser tant d’images et si vite, incapables de les faire vivre, condamnés à faire se succéder les polaroids les uns aux autres, vaines fureurs, couleurs déjà ternies, bientôt envolées…

Guerre des médias sociaux: et le vainqueur est…

Mercredi 24 octobre 2007

My Space? Trop tard… Facebook? Beaucoup y croient encore… 

Au fond… Faut-il qu’il y ait un vainqueur? En d’autres termes, les médias sociaux, comme les sites internet de la première génération, sont-ils nécessairement voués à la  loi du “Winner takes all”?

A première vue, les mêmes causes semblent engendrer les mêmes effets: les coûts de développement d’un site sont des coûts fixes, indépendants du nombre d’utilisateurs; le meilleur site devrait donc drainer inexorablement la totalité des clients, segment après segment, en dévorant peu à peu ses concurrents.

Dans cette perspective, la guerre des médias sociaux devient une question essentiellement technique: qui parvient à produire la meilleure interface et à l’adapter le plus rapidement? C’est la vision d’Arrington et de trés nombreux bloggeurs, présentée dans la synthèse de Julien Jacob ou, avec une distance certaine, dans celle de Jean-Marie Le Ray. Elle entraine une conséquence inévitable: la convergence de tous les sites vers un réseau social unique. Facebook tiendrait donc la corde…

Il se pourrait néanmoins qu’en développant cette vision mieux qu’aucun autre, Facebook ait sutout popularisé une illusion: l’homogénéité des liens sociaux. L’image du “graphe social”, où les liens entre individus se résument à des segments, pour éclairante qu’elle soit, masque la profonde différence de nature entre ces segments. 

Les liens entre amis (très proches), bons copains (un peu plus éloignés), collègues, bloggueurs, anciens d’une même université, tous ces liens ne diffèrent pas seulement par leur intensité, pas seulement non plus par la quantité d’information échangée. Ils diffèrent par les règles de la relation, par la manière d’interagir et d’échanger. Non seulement on ne se dit pas la même chose, mais on ne se le dit pas de la même manière. A l’extrême, on n’assume pas la même identité selon le type de réseau auquel on est confronté.

Que chacun réfléchisse à la différence entre ses relations familiales et amicales: il se rendra compte qu’il n’y a pas de réseau social unique, ou plutôt que cette idée est dépourvue de sens pratique. Bien plus, nous sommes tous dotés de réseaux sociaux distincts, qui peuvent parfois se croiser, jamais se superposer. Nous appartenons simultanément à des communautés familiales, amicales, professionnelles, et nous présentons des identités distintes pour chacune d’entre elles.

C’est peut-être une véritable loi des réseaux sociaux qu’il convient maintenant d’énoncer: chaque type de réseau social est pourvu de ses propres règles et de sa propre identité.

La conséquence en est claire: chaque type de réseau requiert son propre média social, son propre type d’interface et donc un sîte adapté.

Le succès de Facebook provient du choix d’un type de réseau particulièrement répendu: les amitiés de fac et celles qui leur ressemblent. A terme, les règles et le mode de fonctionnement de ce type de réseau ne pourra cependant convenir aux autres. Pour ne prendre qu’un exemple: le système de traçabilité, moteur du succès de Facebook dans un contexte informel, est largement inacceptable dans un contexte professionnel.  Linked-in ne se trouvera pas dépossédé de ses bataillons de cadres, en tout cas pas au profit d’un site où les liens privés sont aussi visibles que dans Facebook. Pour reprendre la typologie de Nicolas Cynober, on pourrait dire que les médias sociaux sont nécessairement verticaux.

Dans la guerre des médias sociaux, le vainqueur semble donc être… La diversité.

La nature communautaire du web 2.0 génère et impose ce foisonnement de sîtes et de réseaux. Elle pourrait bien lui permettre de durer.

Google: voie royale ou reflux annoncé?

Samedi 20 octobre 2007

Google annonce 46% de profits supplémentaires au troisième trimestre et tout l’internet bruisse de ses perspectives de développement illimiteés.

Pourtant, si à force d’acquisitions Google a fini par accumuler les fonctionnalités 2.0, l’essentiel de ses revenus et la totalité de ses profits proviennent d’un moteur de recherche qui ne représente en rien l’avenir du Net. Le classement des sites y est numérique, non sémantique. Les critères y sont fixés a priori par quelques individus, non muris au sein d’une communauté. Le service n’y demande ni participation, ni amélioration, ni discussion… Le couronnement financier de Google prélude peut-être un reflux annoncé, celui où l’authentique mouvement 2.0 finirait par l’emporter.

Collisions médiatiques: la grande réforme et le départ de la reine

Vendredi 19 octobre 2007

Avez-vous ressenti comme moi l’étrangeté de notre actualité politique? L’improbable collision de deux mondes que rien ne paraissait devoir rassembler? D’un coté le rituel des “grandes réformes”, de son cortège d’annonces gouvernementales, d’éditoriaux pondérés, de grèves, de grands défilés, de syndicalistes et de ministres enflammés. De l’autre, la chronique monarchique de la famille présidentielle, des états d’âme de la reine, des gènes discrète de l’entourage, du silence du prince, des grands et des petits secrets. 

Je crois que ce sentiment d’étrangeté provient d’une transformation profonde: la re-légitimation d’un très ancien canal médiatique. Les médias familiaux, ceux des potins et des cancans étaient encore, il y a quelques années, les succédanés honteux des almanachs monarchistes. Leur actualité -les familles et les lignées, les amours et les plaisirs, le vrai mondain et le faux intime- leur actualité donc était unanimement disqualifiée. Non que l’on ne s’y intéressât pas, mais l’on considérait cet intérêt même comme anecdotique ou privé. Il était de l’avis commun que cette actualité ne méritait pas d’être “politique”, c’est-à-dire qu’au sein de la république, elle ne pouvait être considérée comme “affaire de la cité”. Dévalorisée, cette actualité a longtemps fait fuir les professionnels de la politique, peu soucieux de lier trop ouvertement leur image à ces remugles d’ancien régime. 

Insensiblement, insidieusement, comme un vieux courtisan retrouve la faveur d’un maître revenu de tout, le canal “monarchique” a retrouvé sa légitimité. Contents de trouver de nouvelles scènes et de nouveaux spectateurs, les politiques ont systématiquement investi cette scène.

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en furent les promoteurs emblématiques. Le premier considère naturellement ses “people” comme des agents politiques: il les recrute et les utilise comme n’importe quel baron de l’UMP, n’établissant pas de démarcation entre les uns et les autres, les substituant au besoin: ministres, conseillers, amis, présidents de commission… A défaut d’être plus efficace, le lien entre les médias monarchiques et Ségolène Royal à longtemps été plus exclusif. Sa figure est née, s’est développée, a remporté ses victoire à partir de questions personnelles, intimes, de questions qu’eux seuls savent traiter. Son succès lors de la primaire peut se comprendre comme la revanche de ces médias monarchiques sur les médias classiquement “politiques” et “républicains”, soutiens de ses adversaires éternellement “gris” et “ennuyeux”. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy semblent s’être enfin rejoints: quelle formidable symétrie que celle du duo d’aujourd’hui “grève des cheminots / départ de Cécilia” et de son précurseur de juin: “résultat des législatives / séparation de Ségolène”! 

La collision entre la grève des cheminots et le départ de la reine provient de la fusion annoncée de deux univers médiatiques. Nous avions l’habitude de superpositions de nouvelles, mais dans chaque domaine, la hiérarchie ou la distinction des informations semblaient clairement assurées. Nous voyons aujourd’hui l’union difficile et tourmentée de deux histoires, de deux légitimités, de deux groupes humains -Epiphénomène: comment ne pas sourire à la fusion des services “people” et “politique” des rédactions des télévisions, des radios, peut-être des journaux…-  Nous voyons l’alliance chaque jour renforcée entre les médias familiaux et monarchistes et les médias “classiquement politiques”, c’est-à-dire porteur de la vision républicaine de la politique. 

Ne nous y trompons pas, les médias “classiquement politique” sont les derniers à souhaiter une évolution qui sous les dehors rassurants du commérage et du second degré, met profondément en cause les règles du débat démocratique. Ils y perdent leur prestige, leur pouvoir, plus peut-être, leur raison d’être. Ils écriront donc beaucoup contre la confusion des genres, tenteront de digérer l’affront, feront semblant de l’oublier.

Il est peu vraisemblable que cela suffise à endiguer le mouvement. Le poids toujours croissant des actionnaires des groupes médiatiques, la poussée continue des idées libérales, le critère toujours plus légitime de rentabilité, toutes ces forces débordent largement les maigres troupes des “véritables” journalistes politiques.  

Notre étrange collision médiatique marque ainsi l’affaiblissement du débat démocratique, et à travers lui de la démocratie elle-même. Rouages essentiels de cette évolution, les médias traditionnels sont impuissants à l’enrayer. Il appartient aux nouveaux médias de reprendre, d’élargir et d’approfondir le débat. C’est à dire non seulement de le maintenir mais aussi de le régénérer.

Premières bordées…

Vendredi 12 octobre 2007

Dans les sociétés modernes, les pouvoirs se sont jusqu’à présent concentrés au sommet d’une hiérarchie de fait. Un petit nombre produisait de la connaissance et des idées; un petit nombre les sélectionnait et les diffusait. Par delà les apparences et les symboles, l’information circulait pyramidalement, relayée par les médias de masses et par les grandes institutions politiques ou sociales.

La démocratisation des médias remet partout en cause ce vieil agencement. Les nouvelles technologies médiatiques multiplient les moyens de création. Partout, les canaux de diffusion et de discussion se developpent au rythme de la pensée. D’innombrables barrières s’affaissent entre producteurs et consommateurs d’idées, entre propagateurs et inventeurs de règles, entre hiérarchies de normes et choix de valeurs.

Par delà les réactions et les reflux qu’enregistre l’actualité, les vielles sociétés pyramidales laissent irrémédiablement la place. Nous sommes à la fois les acteurs et les spectateurs d’une transformation radicale: l’avénement d’un nouvel âge médiatique, politique et social.

Ces pages veulent saisir cette transformation au jour le jour: la comprendre et y participer. Elles veulent se nourrir d’actualité brulante et de pensée à froid, de prises de position et de prises de recul, de mastication et de nouveauté… Dans l’ensemble, être un pot-pourri ouvert aux esprits libres et aux bonnes volontés