L’influence est la variété démocratique du pouvoir: elle parvient à ses fins sans diriger, elle oriente sans contraindre, elle organise sans nécessairement abaisser. Dans la démocratisation médiatique et politique que nous vivons, l’influence est l’avenir du pouvoir.
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Le pouvoir et l’influence
Vendredi 2 novembre 2007Le rythme des médias
Lundi 29 octobre 2007Lundi de vent et de pluie, matin au rythme lent. J’entends crépiter la radio, je vois les fils d’actualité défiler sur mon écran, je vois tourner les rouleaux rapides des portails, les blogs absorbent lentement l’information, la reprennent, la digérent, je vois des controverses apparaitre, d’autres disparaitre ou se prolonger…
Les médias se répondent mais ne se mêlent pas. Si chaque média est le support d’une discussion, chaque média possède son rythme propre, son tempo, sa diction. Peut-être ce rythme nourrit-il le contenu au point de le définir? Peut-être chaque nouveau tempo enfante-t-il des discours renouvelés?
On peut presque définir un média selon ce critère unique: le rythme de la discussion.
Les anciens médias génèrent des successions de monologues: le monologue accéléré des radios & télés, le monologue bien structuré des journaux, et dans un autre registre, beaucoup plus lent, beaucoup plus posé, le monologue lointain des livres, dont les discours se répondent ou s’ignorent au fil des années, inventent des traditions, structurent ou dissipent insensiblement la pensée.
Etonnamment, la différence entre anciens et nouveaux médias ne tient pas à l’intensité mais à la nature du rythme. Les nouveaux médias ne sont ni systématiquement plus lents ni toujours plus rapides: ils nous font passer des monologues successifs aux dialogues véritables. Pour ce qui est de la vitesse, ils offrent une variété proche de celle de leurs ainés: discussions accélérées –portails d’information, sites d’actualité-, accumulation de textes et de commentaires –blogosphères-, rythme lent des écritures à plusieurs mains –wikis et autres travaux partagés-…
Et si la quête de nouveaux médias était celle de nouveaux tempos? Non pas de discussions plus rapides, mais de rythmes inattendus, plus lents ou plus profonds, plus purs ou plus colorés?
Stratégies web: de la croissance au foisonnement
Mardi 23 octobre 2007Parmi les multiples caractéristiques prétées au web 2.0 (ou au 3.0, voire au 4.0… selon les modes du moment) , je n’ai pas encore vu de définition fondée sur les stratégies d’entreprises. Il y a pourtant une différence majeure entre les types d’avantages concurrentiels des sites de la nouvelle vague et ceux de leurs ainés -par avantage concurrentiel, j’entends des capacités propres à une entreprises, pérennes au fil du temps, suffisamment difficile à répliquer pour résister à la concurrence et assurer une croissance profitable-.
Les avantages concurrentiels obtenus par les sites du premier web furent essentiellement des avantages de coût, alors que les entreprises web 2.0 ont pour la première fois la possibilité de développer des avantages intrinsèquement lié à leur produit, c’est-à-dire des avantages de revenus.
Les premiers Yahoo, Amazon ou AOL (je parle du portail) proposaient des services que tout site concurrent pouvait répliquer. Un tel effort était potentiellement très couteux, rarement profitable, mais constituait une menace permanente au sein de chaque catégorie de site. Dans ce contexte, la seule orientation valable était une stratégie d’abaissement du coût de développement des sites. Comme ces coûts sont presque toujours fixes, c’est-à-dire indépendant de l’usage et du nombre de clients, les grandes lignes des stratégies concurrentielles se trouvaient naturellement tracées. Il fallait accroitre le nombre de clients pour abaisser les coûts unitaires, cela jusqu’à l’élimination des concurrents. Comme dans d’autres industries de très forts coûts fixes (électricité, compagnie aériennes…), seul un très petit nombre d’acteurs survivaient par marché. A terme, sans rupture technologique ou changement conceptuel, le plus gros aurait fini par écraser tous ses adversaires dans toutes les catégories de services…
Les sites 2.0 ont tous une propriété commune, qui empêche définitivement ce scénario. Ils s’appuient sur des réseaux sociaux, avantages concurrentiels non réplicables, qui plus est avantages de revenus. Voila sept ans, un investisseur fou aurait pu dépenser des fortunes pour reconstruire exactement l’interface d’Amazon – la compétence de son fondateur le prédisposait néanmoins à l’emporter: c’était un financier et non un ingénieur-. Aujourd’hui, la capitalisation de Microsoft ne suffirait pas à reproduire les liens sociaux gérés par Face Book! Que l’on me comprenne bien, Microsoft pourrait reproduire les applications de Face Book, éventuellement convaincre ses abonnés actuels de s’inscrire à un service presque identique… Ce serait horriblement couteux mais insuffisant: les connexions établies entre abonnés seraient perdus en cours de tentative.
Les sites qui entretiennent une communauté active possèdent donc tous un avantage concurrentiel intrinsèque. Cela ne signifie pas qu’ils peuvent tous être rentable, mais cela signifie que leur stratégie ne doit pas être nécessairement similaire à celle des sîtes 1.0. Toutes choses égales par ailleurs, ils ne doivent pas nécessaire croitre et éliminer leurs concurrents pour durer. Cela ouvre d’autres questions comme, celle de la convergence entre réseaux sociaux –et je reviendrai très bientôt sur ce point- mais justifie largement la floraison de sites actuels.
Au contraire de son ainée la myriade de startup 2.0 pourrait ne pas beaucoup croitre… mais peut-être mieux durer
Premières bordées…
Vendredi 12 octobre 2007Dans les sociétés modernes, les pouvoirs se sont jusqu’à présent concentrés au sommet d’une hiérarchie de fait. Un petit nombre produisait de la connaissance et des idées; un petit nombre les sélectionnait et les diffusait. Par delà les apparences et les symboles, l’information circulait pyramidalement, relayée par les médias de masses et par les grandes institutions politiques ou sociales.
La démocratisation des médias remet partout en cause ce vieil agencement. Les nouvelles technologies médiatiques multiplient les moyens de création. Partout, les canaux de diffusion et de discussion se developpent au rythme de la pensée. D’innombrables barrières s’affaissent entre producteurs et consommateurs d’idées, entre propagateurs et inventeurs de règles, entre hiérarchies de normes et choix de valeurs.
Par delà les réactions et les reflux qu’enregistre l’actualité, les vielles sociétés pyramidales laissent irrémédiablement la place. Nous sommes à la fois les acteurs et les spectateurs d’une transformation radicale: l’avénement d’un nouvel âge médiatique, politique et social.
Ces pages veulent saisir cette transformation au jour le jour: la comprendre et y participer. Elles veulent se nourrir d’actualité brulante et de pensée à froid, de prises de position et de prises de recul, de mastication et de nouveauté… Dans l’ensemble, être un pot-pourri ouvert aux esprits libres et aux bonnes volontés
