Des usages de Pearltrees

Avec le développement progressif de la communauté, les premiers usages de Pearltrees sont en train de s’installer.

Je reviendrai régulièrement sur les petites et grandes innovations que les utilisateurs apportent au fil de l’eau : celles que j’attendais, celles qui me surprennent, celles que je n’osais espérer… et certainement un jour celles que j’aurais préféré ne pas voir arriver…

Il y a trois types d’usages aujourd’hui, et qui font la vie quotidienne de pearltrees.

1-     Utiliser pearltrees pour organiser son Web. Collecter des contenus au fil de l’eau pour constituer des cartes, les déplacer, les regrouper, les séparer peu à peu pour pouvoir retrouver facilement les contenus auquel on tient. Du bookmarking ? Probablement beaucoup plus, car la possibilité de créer des cartes et d’emboiter les cartes les unes dans les autres permet d’aller bien au-delà des limitations des dossiers de favoris ou des tags… J’y reviendrai certainement, en attendant voici un ou deux exemples de Webs que j’ai beaucoup aimé.

2-     Utiliser pearltrees pour communiquer. Guider le lecteur en développant un point de vue, un argumentaire, une histoire - en utilisant les ressources d’un nouveau format : la carte de contenus Webs. C’est ce que j’avais tenté de faire à propos d’Hadopi, c’est ce que plusieurs utilisateurs font mainetnant régulièrement : construire un message en s’appuyant sur des travaux déjà existant. Dans le champ politique par exemple, une belle illustration est cette carte du débat sur l’Otan.

3- Utiliser pearltrees pour explorer des pans du Web que l’on ignorait. L’usage le moins évident et peut-être aujourd’hui le moins répandu des trois, mais celui qui, au fil de la croissance des cartes, pourrait prendre une place étonnante: passer d’une carte à une autre, voir ou elle mêne, découvrir en se laissant guider, passer sur un autre carte via un autre croisement… etc. Certaines contrées de pearltrees sont déjà assez denses pour que l’exercice commence à fonctionner: un exemple est la naissante pearltreesphère (hum…) consacrée aux BDs .

D’autres usages?

De cas particulier en cas particulier, beaucoup de nouvelles pistes. De manière plus massive, j’espère voir bientôt des nouveautés.

Pour un réseau social, la plateforme technique n’est qu’une proposition d’usage… C’est la communauté d’utilisateurs qui la fait réalité.

A propos de Pearltrees, par pearltrees

Tags:

8 réponses à to “Des usages de Pearltrees”

  1. Fantômette dit :

    Bonjour cratyle,

    Cela fait un bout de temps que votre blog figure parmi mes favoris (et je ne l’en ai jamais ôté, malgré quelques périodes d’inactivité :) .

    Je suis intéressée par pearltrees, et peut-être sauterais-je le pas un jour ou l’autre, pour voir si j’arrive à m’approprier ce nouvel outil.

    Je profite juste de cet après-midi de giboulées pour mettre à plat quelques réflexions sur lesquelles j’aimerais avoir votre avis (si vous avez le temps et l’envie de me le livrer, naturellement).

    Un mot de présentation d’abord. Je ne suis de loin pas une experte en informatique, mais une simple utilisatrice, et certainement pas des plus habiles.

    Mes parcours – personnel, universitaire et professionnel – ont toujours présenté cette caractéristique d’être tantôt doubles tantôt transdisciplinaires. Musique-études. Droit et Langue puis Droit et Littérature. Après un passage par la recherche universitaire (en des thématiques précisément transdisciplinaires), la pratique désormais du Droit au travers de la profession d’avocat.

    Par goût de la théorisation, j’ai toujours aimé « cartographier » mentalement mes domaines d’intérêts, à la façon de petits champs de bataille, métaphorisant les avancées, reculs, percées, échecs, etc… de mes réflexions (l’expression peut paraître immodeste… je vous prie de bien vouloir l’excuser), mais également leurs conflits inévitables, ou leurs alliances inattendues.

    Cela fait plusieurs années que j’ai l’impression (qui n’est que cela : une impression, et peut-être même seulement une intuition) que les recherches les plus prometteuses, les plus récentes, les plus citées également, sont des recherches qui s’inscrivent précisément dans cette optique (je vois que le blog de B. Latour est dans votre blogroll).

    Passé le temps de la science qui répertorie, nomme, classe et catégorise, vient le temps de la science qui regroupe, relie, modélise et connecte. Peut-être en fait ce constat relève t-il d’une certaine banalité.

    Internet étant un lieu à la fois de contenu (disons, littéralement, de matière à penser) et de connexions, il est assez logique de l’envisager comme le modèle par excellence d’une cartographie de la connaissance (au sens le plus vaste – et imprécis – du terme).

    Il est frappant d’ailleurs de noter que le champs lexical à propos d’internet a toujours proposé de dernier une représentation spatiale (toile, réseau, sites… il faudrait faire rédiger une histoire du net par des linguistes ou des philologues).

    C’est avec ces quelques considérations en tête que j’observe la création de pearltrees. Pour l’instant (et sous cette importante réserve que je ne prétends pas avoir suffisamment compris ce dont il s’agissait pour en avoir une opinion définitive), il s’agit là d’ouvrir un nouveau champs métaphorique à l’utilisateur d’internet, une nouvelle représentation mentale de son activité sur la toile. Je trouve cela tout à fait intéressant, et j’ai parcouru avec intérêt les exemples de cartes auxquelles vous renvoyez dans votre billet.

    Finalement, d’ailleurs, je parle depuis le début de pearltrees comme d’un outil et d’une technique (ce que vous faites également me semble t-il), mais cette idée est peut-être à nuancer. Dans un contexte informatique, je ne puis que supposer que c’est tout à fait exact. Mais en proposant une nouvelle façon de modeler – ou modéliser – des contenus, cet outil semble relever là de ce genre de forme qui n’est (pour reprendre le mot fameux) que du fond qui remonte à la surface. En d’autres termes, je me demande si l’on ne peut pas y voir une « grille de lecture » qui bientôt devient également ce dont elle propose la lecture.

    Pour l’instant, je vois une « limite » à votre bel outil, cependant. C’est encore un aspect relativement statique.

    Dans mon propre « modèle pour penser avec » (parfaitement bricolé et artisanal), celui du champs de bataille, les « perles » sont autant de « bataillons » qui évoluent, progressent, s’affrontent, disparaissent ou s’allient à d’autres.

    Dans la perspective des réflexions qui sont les vôtres sur les réseaux sociaux, les débats, « la controverse » pour reprendre un concept de Latour, je pense qu’il s’agit là d’une limite de votre outil. Mais peut-être cette limite n’est-elle qu’apparente, et le temps le démontrera t-il ? Tout mouvement s’inscrit naturellement dans le temps, et il en faudra pour que « l’histoire » de pearltrees puisse être rejouée, et les mouvements perçus, c’est possible. Encore l’outil doit-il précisément autoriser cette autre forme de lecture.

    Car autant internet a toujours vastement métaphorisé le lexique de la localisation spatiale, autant son rapport au temps me semble plus ambigu et moins simple.

    On ne parle du temps à son propos que pour en souligner l’absence – internet serait le royaume de l’instantanéité.

    Il est pourtant également évident que l’Internet est un lieu de mémoire, conservation, archivage sans commune mesure avec ce que l’on a pu connaître auparavant. Le temps existe sur internet, mais il ne passe pas – c’est un temps qui s’empile sur lui-même.

    Son effet sur la toile consiste plutôt dans l’accumulation de strates et de strates successives de contenus, qui se figent, se solidifient et finissent par sédimenter, bien plus qu’elles ne s’érodent.

    Je serais curieuse de savoir si pearltrees intègre dans sa dynamique de développement quelque chose qui permette précisément de la lire – car ce serait à mon humble avis (de profane, je le répète) quelque chose de novateur et constructif.

    En vous priant de bien vouloir excuser la longueur de ce pensum que je vous inflige…

  2. Patrice dit :

    Fantômette – Très heureux de te savoir parmi mes lectrices – un bonheur qui fait plus que compenser un véritable regret : celui que tu sois resté jusqu’ici cachée ;-)

    Pearltrees est en effet un outil, mais un outil qui cristallise nombre des idées que tu mentionnes – peut-être mieux encore : qui permet à chacun de les cristalliser et de les partager. C’est un vaste projet de mise en relation des idées comme des objets. Un projet auquel j’espère très fortement te voir contribuer.

    En rentrant d’en pearltrees, tu découvriras peut-être deux choses.

    D’une part que les éditions sont beaucoup plus simples à construire qu’il n’y parait -beaucoup plus simple en tout cas que de bloguer pour la première fois.

    D’autres part, et c’est peut-être la réponse à ta principale question, qu’une fois éditrice, une fois pourvue de tes propres cartes, pearltrees ne t’apparaitra plus du tout comme un archivage statique, mais comme un réseau en mouvement permanent.

    Tu verras peut-être que tes organisations du Web ne cesseront à la fois de s’enrichir et de se transformer, que les croisements entre tes cartes et d’autres cartes seront d’une rare mobilité, que tes éditions enfin, pour peu qu’elles intègrent les éditions d’autres utilisateurs seront des oeuvres collectives en permanent progrès.

    Les organisations comme les réseaux ne durent que par leur mouvement même, et je crois véritablement que pearltrees est là pour durer. S’il était nécessaire, je le verrai aux changements incessants que provoque l’activité de la communauté.

    Cette communauté est en train de naitre, je ne peux que t’inviter dés maintenant à y participer!

  3. Fantômette dit :

    Extrêmement flattée et honorée de voir l’accueil qui m’est réservé sur ces pages !

    « C’est un vaste projet de mise en relation des idées comme des objets.  »

    Ah, oui, mais précisément : je pense qu’il est contraignant d’envisager les idées comme des objets. Je crois qu’il est plus juste de les envisager comme des mouvements.

    Est-il possible d’avoir une vision dans le temps des changements opérés dans pearltrees ?

    L’outil permet-il, un peu comme ces petits films accélérés où l’on observe la course du soleil au-dessus d’un étang ou une fleur qui s’ouvre et se fane en quelques minutes, d’observer les mouvements (ce qui les provoque, ce qui les contraint…) et les changements des cartes qui s’opèrent sous la direction de ceux qui les établissent ?

  4. Patrice dit :

    Fantomette - »mise en relation des idées comme des objets [mais] contraignant d’envisager les uns comme les autres »… je parle de mise en relation précisément parce que l’un n’est pas exactement l’autre.

    « Je crois qu’il est plus juste de les envisager comme des mouvements ». Cratyle étant historiquement le continuateur d’Heraclite, il n’aurait probablement su dire mieux…

    « une vision dans le temps des changements opérés dans pearltrees » – oui dés que tu crées un compte et commence à « suivre » des cartes, c’est-à-dire à placer les cartes d’autres éditeurs dans tes propres cartes. Les mouvements des cartes que tu suis te sont indiquées par clignotement. Tu ne voies pas le mouvement comme un tout duquel tu serais extérieur, mais comme un ensemble dont tu fais parti.

    En revanche, il n’y a pas de vue d’ensemble de pearltrees, car pearltrees est radicalement décentralisé.

    C’est l’une des idées clés : le Web n’ayant lui-même pas de centre, il n’est possible de la cartographier qu’à une seule condition…

    … considérer chacun comme le centre de son propre Web

  5. Fantômette dit :

    Hum hum.

    Manifestation virtuelle – et réelle pourtant – de ce célèbre cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part ?

    C’est cela ?

    :-)

  6. Marco dit :

    En termes d’usage, la WebTV de Cyno me paraît extrêmement intéressante http://www.pearltrees.com/cyno.tv/map/1_22432/
    Ca recoupe l’usage 2, avec la force de la vidéo et la mise en avant d’un savoir-faire éditorial : un vrai boulot d’établissement de grille de programme, mais selon ses goûts et pas selon les GRP vendus aux annonceurs.
    C’est de plus un usage ludique qui peut intéresser énormément d’utilisateurs.
    Ca semble très prometteur !

  7. [...] qui m’enthousiasme moins. En effet, je regrette que la promotion de Pearltrees soit devenu le quasi unique objet social du blog de Patrice. Je préfère le philosophe à l’entrepreneur. De plus, la démonstration [...]

  8. Patrice dit :

    Marco – Cyno-TV à bien de l’avenir, en effet!

Laisser un commentaire