Archive pour février 2009

La communauté participative des éditeurs du Web

Lundi 23 février 2009

Vous l’avez certainement compris d’un précédent billet. Pearltrees veut développer ce chainon manquant de la démocratisation du Web, l’édition du Web par ses utilisateurs. Pour être plus précis: Pearltrees veut bâtir la communauté participative des éditeurs du Web.

Pourquoi une communauté ? Parce que la masse de contenus disponible sur le Web dépasse les capacités d’édition de n’importe quel individu ou groupe d’individu.

Pourquoi participative ? Parce que le Web permet de composer des points de vues, pas seulement de les agréger, parce que l’agrégation d’éditions réduit le sens de chaque édition, parce qu’enfin c’est la participation de chacun à une œuvre collective qui lui donne sa dimension démocratique.

Mais enfin, dans ce cas, pourquoi un projet spécifique ? Les différentes plateformes existantes ne permettent-elles pas toute un peu d’éditer ? Et pourquoi vouloir unifier par un seul projet ce qui vaut précisément par sa diversité ?

Voici véritablement la clé du sujet.

Toutes les œuvres collectives du Web s’appuient sur deux éléments à la fois contradictoires et indissociables : d’une part, la liberté et l’irréductible diversité de leurs contributeurs, d’autre part l’unité du média au sein duquel ils s’expriment.

C’est de la complémentarité des wikipédiens que nait Wikipédia, mais aussi de l’unité de leur support. C’est de la variété des vidéos que Dailymotion et Youtube trouvent leur intérêt, mais aussi de l’existence de formats vidéo universellement partagés. C’est l’extrême diversité des blogueurs qui fait vivre la blogosphère, mais surtout les formats techniques et les règles de discussions communément acceptés.

Ce n’est pas l’envie d’éditer qui manque sur le Web. Nous avons tous croisés ces billets composés de liens vers d’autres billets, ces twitters dont la principale activité consiste à re-twitter, ces plateformes Web centrées sur le partage de liens sélectionnés. Tous expriment le besoin et l’envie d’éditer le Web. Tous ceux qui les ont lus ont ressenti le plaisir et l’intérêt de se laisser guider au sein de contenus édités.

L’absence d’une communauté ouverte et participative d’éditeurs du Web ne provient donc ni du manque de désir ni du manque de besoin: elle provient de l’absence d’un format commun.

L’ambition de pearltrees est de créer ce format commun : un mode d’édition simple et universel, un lieu ou les éditions pourront se combiner, une manière de parcourir l’ensemble des éditions dans leur diversité et leur unité.

Pearltrees veut bâtir la plateforme et les outils qui permettent à la communauté des éditeurs du Web de se développer. C’est d’ailleurs de ce format, de ces outils, de la manière de les utiliser, c’est à dire enfin de la nature de pearltrees…

…dont il me faudra bientôt parler

Le blog de pearltrees est ouvert!

Mercredi 18 février 2009

Je suis heureux d’annoncer un nouveau venu dans la blogosphère.

Un nouveau venu particulier, car déjà bien loin d’être un nouveau né. Le blog de Pearltrees vit, croit, se développe dans l’ombre depuis plus d’un an. Il fut d’ailleurs créé quelques jours à peine après la naissance du projet, caché dans un cocon à mots clés, lieu d’échange où les trois premiers fondateurs se demandaient ce qu’ils allaient fonder.

Il a d’abord accueilli les ébauches, les tests, les réflexions d’une équipe en train de se former. De manière inattendue, il a formalisé l’arrivée successive de l’ensemble des fondateurs. Accéder au blog marquait l’entrée dans la -très embryonnaire- communauté ; commenter signifiait qu’on y portait un intérêt ; poster qu’on allait certainement rejoindre l’équipe  - qu’on était prêt à embarquer.

Notre blog privé devint ainsi une sorte de journal intime collectif, où se consignaient naturellement les questions, les décisions, les moments clés – le lent passage de l’anglais au français – la cristallisation du design et des idées – la réalisation progressive de la plateforme. Toutes les étapes de la naissance de Pearltrees, en fait.

Lorsque nous avons trouvé nos locaux, le « lieu virtuel » a perdu son usage premier : il est devenu la place d’échange des premiers groupes de testeurs de Pearltrees : du noyau de la plateforme à l’alpha privée en train de se créer. La plateforme en construction était bien sur devenue le grand sujet.

Ce blog entre aujourd’hui dans sa troisième vie, il devient finalement un endroit ou chacun pourra fureter et commenter, ou chacun est bienvenu pour discuter des nouveautés ou suivre les péripéties de Pearltrees, ses erreurs, ses changements de pieds. Les textes sont là depuis l’origine -presque- rien n’est caché.

C’est que notre blog privé est enfin devenu un blog, en fait !

Le Web : un projet de démocratisation inachevé?

Mercredi 11 février 2009

Le Web constitue au fond un projet de démocratisation des médias. Avec toute leur diversité, les outils, les plateformes et les pratiques qui se sont accumulées depuis sa naissance  tendent à faire de chaque utilisateur un média plein et entier.

De fait, la phase que l’on a nommé Web 2.0 a transformé la pratique de millions d’utilisateurs. Ceux qui étaient les spectateurs de contenus réalisés par une poignée de professionnels et de passionnés sont aujourd’hui les principaux créateurs du Web. Le nombre, la diversité et la qualité des contenus offerts à tous a connu une croissance sans précédent.

Pourtant, la démocratisation de la création n’a pas entrainé la démocratisation de l’accès aux contenus. Ce sont les moteurs de recherche et les grands portails, non les internautes, qui guident et orientent la navigation des internautes. Les systèmes de vote et les sites de partage de favoris ne remédient pas à cette situation. Agrégeant les points de vue individuels plutôt que d’en tirer la spécificité, ils produisent des résultats de même nature que ceux des moteurs de recherche.

Ce déséquilibre entre création démocratique et accès centralisé aux contenus constitue une entrave bien visible :

-        En tant que spectateurs, les internautes ne trouvent pas leur chemin dans la masse énorme des contenus susceptibles de les intéresser

-        En tant que créateurs, les internautes qui veulent développer leur audience doivent s’investir dans des activités de diffusion et de référencement bien éloignées de leurs véritables intérêts

C’est peut-être la source de cette étrange sentiment qui rassemble aujourd’hui les analystes du Web. D’un coté, la production massive de contenus par les utilisateurs constitue une évolution sans égale dans l’histoire des médias, d’un autre coté, cette production semble bien peu visible, bien peu accessible au regard des efforts qu’elle suscite.

Je crois qu’il manque un maillon déterminant dans le mouvement de démocratisation du Web, un maillon permettant à chacun de devenir l’organisateur, le cartographe, en un mot l’éditeur de son Web comme de celui des autres…

…que tant que cette activité d’édition ne sera pas démocratisée, l’un de mouvement majeurs du Web restera largement inachevé.

Vers pearltrees

Vendredi 6 février 2009

Depuis le lancement de ce carnet, je ne cesse de traiter ce même sujet : la manière dont le web et les nouveaux médias démocratisent en profondeur nos sociétés.

Par un effet de cette démocratisation même, les discussions issues de ce carnet m’ont entrainé bien au-delà de ce que j’aurais imaginé. D’une série de textes sur la création de contenu Web par les utilisateurs ont jailli des questions sur le besoin d’édition de ces contenus. De ces questions, des idées nouvelles pour permettre à chacun d’éditer simplement le Web. En quelques mois, les idées sont devenu un projet, le projet un groupe d’amis passionnés, le groupe d’amis une startup et la startup un produit en train de se réaliser.

Pearltrees est aujourd’hui dans sa version alpha privé. Dans quelques semaines, très probablement au cours du mois de février, cette alpha sera ouverte à tous, et une nouvelle forme de communauté Web -la communauté des éditeurs du Web- tentera de s’étendre et de se développer.

C’est bien sur d’abord sur ce carnet que je discuterai d’un projet qui doit tant à ce carnet. Il sera l’un des terrains sur lesquels les premiers fruits de pearltrees trouveront un abri dévoué. Il restera surtout mon carnet personnel, un lieu de réflexion publique, en français et en anglais

Un lieu où la sortie de pearltrees me permettra -c’est promis- de retrouver le temps de bloguer!