Qu’est-ce qu’un blogueur influent?

Galaxie mouvante de petits mondes en permanente création -voire en récréation- la blogosphère est traversée de débats récurrents, dont le moindre n’est pas la question de l’influence. Question délicate, question sournoise, questions sous cape, qui engendre les positions les plus subtiles comme les plus tranchées.

Trois discours affleurent au fil du temps. Ils se répondent de loin en loin et se suscitent l’un l’autre tout en faisant mine de s’éviter. Le premier se rit très nettement de l’idée d’influence et de la capacité d’un blog à orienter quoi que ce soit de sérieux ou de bien posé. Le second en sourit seulement, préfère l’évocation à la réflexion de fond. Le troisième enfin, sur l’air du grand dévoilement, se perd dans la description des mystérieux rouages qui permettent aux bloggeurs influents de se maintenir et de se distinguer.

Il suffit d’exposer les discours pour imaginer ceux qui les tiennent. La disqualification de l’influence est évidemment la position des blogueurs qui sont les plus influents. La disqualification de l’idée de pouvoir n’est-elle pas l’apanage de ceux qui le possèdent?

Pourtant, à l’encontre de ce que pensent les « dévoileurs » patentés, cette position parait souvent honnête et bien argumentée. Les blogueurs influents ressentent très bien les limites de ces étranges pouvoirs qu’on leur prête à tort. Ils notent à juste titre que l’internet est véritablement immense et décentralisé. Que leur voix porte peu, qu’ils ne peuvent faire changer d’avis leurs lecteurs immédiats, et que ces lecteurs mêmes ne constituent qu’un goutte d’eau dans l’océan des discussions bloguosphérisées.

La position est très bien résumée par Laurent Gloaguen dans le billet qui donne la matière de cette réflexion. Il explique en somme que le papier le mieux argumenté change marginalement les avis, que si c’est le cas, c’est bien plus le poids de l’idée que celui du blogueur qui aura finalement influencé, et qu’enfin, indépendamment de l’argumentation, le succès de la diffusion dépend presque uniquement du contenu que l’on s’apprête à diffuser. Logiquement, Laurent refuse pour lui-même l’appellation tant discutée : « relais d’information, initiateur de débat, oui, ‘blogueur influent’, non. Mes lecteurs ont tout leur libre arbitre ».

Il est étonnant de voir qu’un enchainement aussi rationnel emporte aussi peu la conviction. La masse des blogueurs sent bien qu’elle n’a pas l’influence d’un Embruns ou d’un Versac, et toutes les raisons du monde semblent bien impuissantes à la détromper. Ces dernières renforcent d’ailleurs le discours de dévoilement dont j’ai parlé plus haut, discours qui à son tour, pousse régulièrement les blogueurs influents à vouloir « tordre le cou » à ce soupçon d’influence qu’ils ne peuvent dissiper. La boucle semble bouclée et la question de l’influence toujours aussi peu avancée.

C’est que sur internet, l’influence prend un sens bien différent de celui qu’elle a sur les médias traditionnels. Les uns comparent leur influence à celle des vieux médias et voient qu’ils n’en ont peu ou pas. Les autres sentent pourtant qu’il y a bien quelque chose, qui pour reprendre une définition de l’influence qui en vaut d’autres -celle du Robert- les « amène à ce ranger à un avis »… qu’ils n’ont pas nécessairement au départ.

Sur les médias traditionnels, l’influence consiste à imprimer une opinion dans l’esprit d’un public, soit par la cohérence d’une démonstration, soit par la répétition, soit par un de ces mécanismes inconscients sur lesquels les hommes de métier savent jouer.

Rien de tel sur internet. La cohérence d’une démonstration – à moins qu’elle ne soit proprement mathématique, ce qui n’est pas le sujet – se heurtera toujours aux multiples failles que les commentateurs et les autres blogueurs sauront exposer. La répétition ne pourra être le fait d’un seul acteur -à fortiori d’un blogueur-. Les jeux sur l’inconscient se heurteront aux efforts inverses d’autres internautes et finiront bon an mal an par se compenser.

Sur les nouveaux médias, en revanche, où chacun influence chacun et finit -au lieu d’y assister- par participer à la discussion, l’influence est la capacité de générer une discussion sur un sujet donné. Elle ne permet certes pas d’imposer unilatéralement un avis, mais de catalyser la participation de chacun autour d’un thème.

Pour ceux qui croient à la force des nouveaux médias -et aux idées bien antérieures des quelques grands théoriciens de la discussion – la capacité de polariser la discussion confère une influence bien plus grande que celle d’imprimer un avis unilatéralement. En donnant ses arguments le participant d’une discussion expose véritablement sa pensée et sa compréhension, il l’ouvre bien plus qu’il ne le ferait en recevant les discours des médias traditionnels. Même si c’est avec mauvaise foi ou réticence, il s’astreint au fond à la compréhension.

Cette influence possède une contrepartie. Sur un média aussi peu hiérarchique que l’internet, on ne peut véritablement faire vivre une discussion sans y prendre part, c’est-à-dire sans s’exposer soi-même à la compréhension des arguments, des thèmes, des préoccupations des autres participants. L’influence suppose qu’on comprenne les discussions existantes, qu’on les reprenne, qu’on y trouve sa place. En un mot, on ne peut influencer sans s’exposer très largement à l’influence des autres participants.

C’est peut-être une loi de cette variété très particulière du pouvoir qu’est l’influence. Sur internet, l’influence que l’on est capable d’exercer tend vers l’influence que l’on est capable de recevoir.

Il y a d’ailleurs bien des manières d’exercer et de recevoir de l’influence. A un bord extrême du spectre, certains reprennent des contenus ou des informations sans presque les transformer. Faisant buzzer des éléments déjà populaires, ils accroissent la portée de leur voix mais ne disent au fond rien que ce que d’autres on dit avant eux. L’audience est une mesure de leur forme particulière d’influence. D’un autre coté du spectre, certains produisent des discours originaux, plus éloignés de l’état des discussions, et qui exerceront leur influence à mesure qu’ils intégreront d’autres points de vue. Le nombre et la profondeur des commentaires directs ou indirects qu’ils suscitent est une mesure de leur progrès. Ailleurs enfin, certains catalysent les efforts d’une communauté, de ses préoccupations ou de ses besoins à un moment donné. C’est alors la quantité de reprises et de relais qui accompagne le succès.

Par delà les différences d’approche, il y a donc bien des blogueurs influents. Ce sont ceux qui sont le plus largement intégrés aux discussions de la toile, qui font le mieux corps avec elle, et qui sont donc les plus largement capables d’orienter ses discussions et d’en susciter de nouvelles.

Le blogueur influent est celui qui est le mieux capable de faire vivre et participer une communauté.

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46 réponses à to “Qu’est-ce qu’un blogueur influent?”

  1. Nicolas dit :

    Quoi ? Un billet sur les blogueurs zinfluents où je ne suis pas mis en lien ?

  2. cratyle dit :

    C’est peut-être que tu n’es pas assez influençable…

  3. leni dit :

    Chapeau. Tu m’épates. Pour l’instant, de tous les billets que l’on lit régulièrement sur le sujet, tu es le seul à avoir fait avancer le sujet. Je retiens ta conclusion.

  4. LOmiG dit :

    salut,
    merci pour ce billet très intéressant (trouvé chez un blogueur influent…Embruns) !
    ça rejoint un avis intuitif que je me suis fait depuis longtemps : l’influence d’un blogueur peut se reconnaitre dans un premier temps au nombre de commentaires que suscite chaque nouveau billet !
    à bientôt !

  5. cratyle dit :

    LOmiG – et à la nature des commentaires… Je vais voir ce qu’Embruns dit de tout ça

    Leni – Merci

  6. peuples dit :

    salut cratyle,
    tu as pris la distance had hoc pour traiter de ce sujet

  7. betapolitique dit :

    Celui qui est influent, c’est celui qui réussit à atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, non ? Obtenir des contrats de consultant, déclencher une action donnée, mobiliser les gens, etc.

    Tout dépend, mais tout me semble lié à des luttes concrètes.

  8. cratyle dit :

    Liée à des projets concrets certainement, car une communauté se fédère toujours autour d’ambitions ou de valeurs partagées. Plus ou moins précises, cela dit…

    En revanche, je ne crois pas que l’influence permette toujours d’atteindre un objectif déterminé à l’avance, car elle dépend de la capacité d’intégrer d’autres objectifs que le sien. Sinon, ne s’agit-il pas plutôt de contrôle?

  9. [...] ensuite la réponse fort bien articulée de Patrice dont je ne peux m’empêcher de reproduire ici un long extrait (mais c’est mieux [...]

  10. Toréador dit :

    Un seul regret : parler de Kiwis aurait été intéressant sous cet angle.
    Manquent également wikio et technorati

  11. Eric dit :

    vous êtes influent, vous!

  12. sarkofrance dit :

    Cher Cratyle, vous/tu m’influencez/influences.
    Merci pour le qualificatif de catalyseur. C’est ma tentative.
    Je retiens la formule de betapolitique, qui ne me semble pas contradictoire avec votre/ta conclusion : l’influence se mesure aussi aux intentions de l’auteur.
    Bravo !

  13. L'Hérétique dit :

    Tiens étonnant, on est quelques uns à se poser la question, ces derniers temps, mais sans doute pas avec les mêmes réponses ni d’ailleurs les mêmes objectifs…
    http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/02/18/que-pese-la-blgopshere.html
    Comme vous le dites, la question de l’influence est sournoise, certes, mais pas plus que les réponses qui y sont apportées.
    Le blog et son influence ne sont pas dissociables de la volonté de puissance, qu’elle prenne une forme sublimée ou non.
    Et la disqualification que vous évoquez dans votre introduction n’est que l’expression de la volonté de puissance à son apogée et repue à peu près à souhait.
    Nul sur la blogosphère, et surtout pas chez les « Seigneurs de la blogosphère », ne me fera croire que son influence, son traffic, sa position chez wikio ou technorati, ou encore sonranking google lui sont indifférents.
    Un blog prend la forme d’un journal intime dont l’espoir souterrain et rarement avoué est en réalité d’être le moins intime possible.

  14. Cher Cratyle,
    J’aime bien ta conclusion.

    Le blogueur influent est capable de ne pas rester centré autour de son blog, mais bel et bien d’intervenir à d’autres points de la blogosphère. C’est l’essence même du dialogue, non ?

    Sinon, j’ai quelques questions : puisque le blogueur influent semblerait devoir appartenir à une communauté, celle-ci devrait-elle être à son image ? (C’est à dire influente)
    Ou est-elle aussi lâche que les liens des fils de discussion qu’il suit de part et d’autre de la toile ?

  15. le chafouin dit :

    J’aime bien ce billet qui permet effctivement d’apporterdes éléments nouveaux au débat. J’aime tout particulièrement cette notion de négation de l’nfuence par ceux quel’on dit influents.
    Embruns a également raison, sans doute, de dire que l’on confond souvent influence et popularité. N’empêche que sur un sujet donné, il sera plus lu que moi. donc son argument a totu de même plus de chance de prospérer, non?
    En fait, la vraie influence, c’est celle d’imposer des sujets comme évidents : un blogueur dit « influent » est plus lu que les autres et donc éventuellement repris par les médias et linké par d’autres blogs.
    Merci en tout cas, une nouvelle fois, cher cratyle.

  16. cratyle dit :

    Juan – On peut se tutoyer si tu veux. Je suis d’accord avec l’intention comme part de l’influence – c’est elle qui battit le projet autour duquel s’organise une communauté. D’ailleurs, il y aurait certainement à réfléchir autour de cette notion d’intention. Un sujet largement inexploré à ce jour…

    L’hérétique – La volonté de puissance ne me parait pas réellement changer le propos. N’est-elle pas aussi volonté de faire, de construire, d’inventer? Il me parait évident que ceux que tu appelles de manière un peu exagérée des « seigneurs de la blogosphère » se soucient des divers classements. Comme tous les autres blogueurs, ils le font sous des angles et des intérêts variés, avec une attention diverse… Mais en toute légitimité. Tout écrivain s’intéresse à ses lecteur, tout philosophe à la diffusion de ses idées… c’est non seulement sain, mais encore cela participe à l’intérêt commun de développement des discussions.

    Monsieur Pingouin – Ce sont des thèmes vraiment intéressants à développer – Sur ton premier point, on pourrait distinguer le blog influent du blogueur influent, et se demander si c’est un lieux ou une personne qui est le centre d’une communauté. Réponse loin d’être évidente. Des idées?

    Sur le second point, c’est certainement la face non explorée de ce billet, ou un prolongement peut-être fécond. Si chaque blogueur influent est le point focal d’une communauté, comment ces communautés s’articulent-elles entre elles? Quel est le tissus qui les relie ou les sépare? On verra d’ailleurs peut-être apparaitre une autre fonction sociale du blogueur influent, et qui est de tisser des liens entre communautés. Qu’en penses-tu?

    Chafouin – Oui, en effet

  17. Laurent dit :

    « On verra d’ailleurs peut-être apparaitre une autre fonction sociale du blogueur influent, et qui est de tisser des liens entre communautés. » Ça fait longtemps que je dis que mon blogue doit son succès au fait qu’il est au carrefour de plusieurs sphères.

  18. [...] ce que sa qualité rédactionnelle pouvait laisser prévoir. Lorsque j’ai débuté, il était un blogueur plus “influent“, dans mes souvenirs. Aujourd’hui, il est plus en marge. Est-ce à mettre au fait [...]

  19. cratyle dit :

    Laurent – C’est à dire qu’il s’agit d’un plat original, composé avec des éléments que d’autres auraient eu du mal à assembler, avec choix d’épices et de cucurbitacés – ta communauté à toi, en quelque sorte…

  20. [...] Marronnier blogosphérique, Stratégies dans sa newsletter (”l’oeil sur le net”) propose un lien vers le billet de Cratyle évoquant l’influence de la blogosphère. Un billet très intéressant… [...]

  21. Monsieur Pingouin – Ce sont des thèmes vraiment intéressants à développer – Sur ton premier point, on pourrait distinguer le blog influent du blogueur influent, et se demander si c’est un lieu ou une personne qui est le centre d’une communauté. Réponse loin d’être évidente. Des idées?

    Cher Cratyle,
    J’ai cherché à te répondre, mais me suis heurté à un cas particulier, à savoir celui d’Éconoclaste qui propose à la fois un site, un blog, un forum et une impressionnante somme d’informations (biographies, fiches de lecture) et de liens.

    Je considère cette entité comme un carrefour, un point de passage presque obligé autour de ce qui a trait à l’économie dans la blogosphère francophone (mais pas seulement).

    Le cas Éconoclaste se distingue également par le fait qu’il est tenu par deux personnes (donc deux blogueurs influents), dont l’une sévit dans une tribune bloguesque sur le site du quotidien Libération et intervient dans des émissions radiophoniques.

    Et comme d’autres personnes dont des blogueurs alimentent les discussions du forum, celles du chat ou celles des billets, je vois en ce site une véritable communauté bâtie autour d’un thème.

    Il y a aussi leur désir (mais pour l’heure encore suspendue) d’héberger un agrégateur de billets en provenance de la blogosphère économique, ce qui permettrait de proposer encore plus de contenu à une place qui est déjà des plus intéressantes, et qui me semble manifeste de leur volonté à faire progresser les débats.

    J’ajoute qu’en combinant une offre aussi variée, leur site doit gagner en visibilité (La personne venue consulter le blog pourrait s’attarder sur le forum et vice versa). Le plus par rapport à un simple blog c’est la présence du forum depuis lequel rien n’interdit à une personne de lancer un nouveau débat en créant une nouvelle discussion – quelque chose qu’il me parait moins aisé à réaliser à partir d’un simple commentaire sur un blog surtout si la discussion lancée est sans sujet avec le billet dans lequel on intervient…

    Tout compte fait, ne peut-on pas voir en Éconoclaste une véritable communauté active ?

  22. cratyle dit :

    assez d’accord. J’aime d’ailleurs beaucoup l’idée du blogueur s’effaçant devant la communauté qu’il a engendré. C’est là une manière bien belle… et bien efficace d’exercer une influence.

    A l’opposé de l’exemple que tu donnes, il y a aussi des blogs dont la communauté parait trop vague et difficile à cerner pour valider la définition que je propose. Je crois qu’il s’agit surtout d’une apparence, c’est à dire d’une définition trop restrictive du mot communauté. Est au fond communauté tout projet commun capable d’engendrer des modes de fonctionnement ou des références communes cohérentes, que cette communauté s’appuie sur un ensemble de lieux bien définis ou qu’elle soit répartie entre divers points d’attache de l’internet.

  23. Eric dit :

    @Cratyle,

    Deux remarques sur ta dernière réponse: « J’aime d’ailleurs beaucoup l’idée du blogueur s’effaçant devant la communauté qu’il a engendré. »

    1) attention! Une « communauté » (je dirai plutôt un groupe) a tôt fait de vous phagocyter, de vous absorber, ou tout simplement de faire de vous un blogueur influencé.
    En fait, c’est une tentative, sans cesse renouvelée, pour faire de vous un blogueur en troupeau. Le panurgisme est inévitable dans la blogosphère.

    2) tu emploies le verbe « engendrer ». Restons modeste: un blogueur n’engendre pas une communauté, à mon avis (sauf peut-être ceux qui ont une vocation de gourou), il l’agrège, ou plutôt s’intègre à une communauté existante. Le blogueur est pris dans des flux: il se fond dans la masse, faute de pouvoir s’en extirper.

  24. Criticus dit :

    Salut Cratyle,

    J’arrive après la bataille. Je suis d’accord avec la définition que tu donnes de l’influence, avec une nuance : la diversité des commentateurs. Les autres variables que sont le nombre de visiteurs -très difficile à quantifier et à interpréter-, les liens chez d’autres blogueurs -souvent arrangés entre membres d’un même réseau et servant à bien figurer dans les classements tels que Wikio ou Technorati-, ne sont pas satisfaisantes. En revanche, un blog qui compte beaucoup de commentateurs différents, qui reviennent plusieurs fois pour débattre entre eux sur le sujet lancé par le blogueur, me semble être influent, selon la définition de l’influence que tu donnes et l’idée que je m’en fais. Ton article résume très bien le problème.

    Il mériterait -à condition d’être raccourci- de figurer dans les pages « Ecrans » du Monde… peut-être devrais-tu leur proposer une « pige » ?

  25. cratyle dit :

    Eric (1) – Certes, une communauté a tôt fait de « faire de vous un blogueur influencé », mais c’est justement la condition nécessaire pour exercer de l’influence dans une discussion. C’est l’un des éléments que je propose en disant que « l’influence que l’on est capable d’exercer tend vers l’influence que l’on est capable de recevoir » – l’idée a été jusque là peu retenue dans les commentaires

    Eric (2) – Je crois que l’influence d’un blogueur sur sa communauté prend différentes voies et qu’il ne faut se garder d’être restrictif à priori – d’où le mot « engendrer ». Je n’aime pas trop l’idée de se « fondre dans la masse ». A mon avis, le paradoxe d’une discussion démocratique comme celles de la blogosphère est d’autoriser à la fois l’égalité et la profonde originalité. Donc plus une variété colorée qu’une « masse » et plutôt prendre en comte l’avis des autres que ce « fondre »

    Criticus – Oui, une fois posé la définition de l’influence, on peut en chercher des mesures, ce qui est un tout autre travail. Par ailleurs, il me parait difficile de trouver/comprendre une mesure exacte sans se plonger quelque peu dans la communauté que l’on souhaite étudier. La mesure d’influence la plus pertinente semble varier d’une communauté à l’autre.

  26. Criticus dit :

    Mais on peut quand même conclure, à ta suite et à la mienne, qu’un blog comptant beaucoup de commentateurs, postant chacun plusieurs commentaires, est un blog influent.

  27. [...] Qu’est-ce qu’un blogueur influent? « Cratyle.net [...]

  28. cratyle dit :

    D’accord, c’est souvent un bon critère -par exemple pour les blogs politiques- mais quand on regarde les skyblogs…

  29. Criticus dit :

    Ta nuance est la bonne : cela ne marche que pour les blogs politiques.

    Les seuls qui m’intéressent…

  30. Bonjour,

    « Un blogeur influant tise des liens. »

    La formule est excellente.

    Cordialement

    Eric

  31. Eric dit :

    D’accord avec toi, bien sûr, quand tu dis que tu n’aimes pas trop l’idée de se “fondre dans la masse.

  32. tonton dit :

    @ Cratyle: Merci pour cette analyse synthétique !
    « Sur les nouveaux médias, en revanche, où chacun influence chacun et finit -au lieu d’y assister- par participer à la discussion, l’influence est la capacité de générer une discussion sur un sujet donné. »
    Pas seulement sur les nouveaux médias, me semble-t-il… La capacité d’un politique à porter les débats sur son terrain, la capacité d’un avocat à tirer les discussions sur ses éléments de plaidoirie, la capacité d’un scientifique à imposer son sujet comme enjeu et lieu de controverse.
    L’avantage herméneutique des nouveaux média est qu’ils rendent sans doute plus lisible le fait que ce n’est pas d’avoir raison ou d’apporter un argument fort qui fait la différence, mais c’est de savoir structurer un champ (sans nécessairement reprendre tout ce que Bourdieu remet derrière le terme).

    @ Cratyle sur Eric 2) : « catalyser » me plaisait plus que « engendrer ».

  33. cratyle dit :

    Eric – Le paradoxe est qu’on accroit son influence à mesure que l’on est influencé, et donc à mon avis que l’on peut donc s’immerger dans la discussion sans sacrifier son originalité

  34. tonton dit :

    Le catalyseur a-t-il nécessairement vocation à ête détruit dans le processus de catalysation?
    Que mes cours de chimie sont loins !!!

  35. cratyle dit :

    Tonton – les miens aussi, mais je crois que le catalyseur reste entier

  36. [...] a été riche en controverses pichrocholines sur l’influence des blogs (allez lire Cratyle), puis sur le caractère plus ou moins fiable du classement [...]

  37. koz (ou presque) dit :

    « Sur les médias traditionnels, l’influence consiste à imprimer une opinion dans l’esprit d’un public, soit par la cohérence d’une démonstration, soit par la répétition, soit par un de ces mécanismes inconscients sur lesquels les hommes de métier savent jouer. »

    Mer.., j’écris tous les jours dans un média traditionnel alors ??!!!

  38. cratyle dit :

    C’est logique (ou presque)

  39. koz (ou presque) dit :

    oui mais c’est parfois un peu chiant la démonstration-répétition-répétition-démonstration-répétition-répétition-répétition…
    enfin, moi pour ce que j’en dis, hein !!! ce bloggeur influent doit bien s’en ficher

  40. Timothée dit :

    Excellent post, trouvé sur jegpol, comme quoi cratyle est un blog influent non?
    Pour moi, mon blog le devient un minimum, tout d’abord en fonction de mon audience (et à ce moment là, il n’est pas influent, mais augmente sa capacité à l’être), et puis surtout la qualité et le nombre de com. Viennent ensuite les liens d’autres blogs vers mon blog… tout simplement.
    Bien à vous

  41. faissani dit :

    Blogueur Influent on ne le devient pas après un certain nombre de visite par mois ?

  42. cratyle dit :

    Pas un critère assez général à mon avis – un billet influent est typiquement repris cité ou commenté par plusieurs dizaines d’autres blogueurs, donc s’il fallait parler d’audience, ce serait plutôt l’audience indirecte cumulée

  43. [...] un ton, un effort de hiérarchisation. Cratyle parle d’ailleurs de qui a vraiment de l’influence au final : “Pourtant, à l’encontre de ce que pensent les “dévoileurs” patentés, cette [...]

  44. [...] plus influent sur certaines décisions. L’ensemble de ces constats sur le pouvoir des “blogueurs influents“, la faible confiance accordée aux sites corporates, les facteurs décisionnels d’un [...]

  45. [...] cratyle qu’est-ce qu’un blogueur influent? [...]

  46. [...] de cas ne le précise pas, donc on considère que cet étudiant n’est pas un blogueur dit « influent »), c’est qu’ils sont peu exploités par ailleurs : donc il y a de la marge et de quoi [...]

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