De la nudité
D’érotisme ou non mêlée, il semble que la nudité ne perde jamais cet étonnant pouvoir de surprendre, de provoquer, de déstabiliser. L’époque, le contexte ou le média ne font rien à l’affaire. Toutes et tous ont leur chance. Après Carla Bruni ou Laure Manaudou, c’est le grand retour de… Simone de Beauvoir nue.
Si la bien innocente photo a peu de chance de provoquer les tornades de buzz de ses illustres devancières, elle agite à nouveau la discussion blogo-médiatique. Quelle merveille que de voir les coalitions tartuffières s’armer pour attaquer une paire de fesses du siècle dernier! Quelle chose remarquable qu’une rédaction entière se mobilisant pour la défendre et l’illustrer!
Quelle chance après tout, que ni l’habitude ni la répétition n’ôtent jamais cet étonnant pouvoir qui est celui de la nudité.

On en parle aussi sur le blog de farid taha, qui fait l’éloge de la nudité… Personnellement, je ne vois pas pourquoi, comment, la nudité est-elle un instrument de provocation.
N’y a-t-il pas autre chose, mieux, pour « transgresser »?C’est drôle comment l’être humain emploie des moyens grotesques pour s’exprimer…
C’est probablement là le mystère: qu’une chose en apparence si simple -peut-être la chose en apparence la plus simple- soit encore et toujours capable de produire tant d’effet. Mais pourquoi dis-tu grotesque? L’acte de se dénuder semble bien au contraire un symbole de naturel ou de pureté, ou encore pour un corps de donner sa vérité.
Je ne trouve pas grotesque de montrer du nu, je trouve grotesque de se mettre nu dans le but de choquer… Et puis, il y aune différence entre voir simone de beauvoir ou polnareff nus dans un but « transgressif », que de voir des peintures de véronèse ou des statues de michel-ange où le nu est pourtant le même… Parce que dans le second cas, c’est un nu naturel, dans le deuxième, un nu forcé. Du moins, je trouve!
Précisément, je me demande si ce n’est pas cet effet transgressif originel qui fascine tant les artistes de toute époque?