Du poids des arguments

On a bien tord de s’étonner lorsque la force d’un argument, même que l’on croit de pure raison, n’emporte pas la conviction de notre interlocuteur. Que l’on considère la plasticité des mots et la mouvance des représentations et l’on verra que le mystère repose plutôt dans ce qu’un argument ait une seule fois su gagner une discussion.

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4 réponses à to “Du poids des arguments”

  1. Eric dit :

    Voir la distinction pascalienne entre convaincre et persuader. Que peuvent les arguments « de pure raison » face aux effets qu’utilise un brillant orateur?
    Mais il semble que tu ailles plus loin, en suggérant qu’un argument n’est jamais du pure raison, du fait de la plasticité des mots et la mouvance des représentations. C’est juste.
    Mais tout dépend du domaine où se déroule la démonstration. Si c’est le cas de la politique, il s’agit à chaque fois de mettre dans les deux plateaux d’une balance des éléments de nature différente. Exemple: créer une taxe écologique; d’un côté le risque écologique, de l’autre créer un nouvel impôt. Les uns estiment que la balance doit pencher dans un sens, les autres dans un autre. Au final si une décision est prise et si, comme tu le dis, un argument emporte la conviction de notre interlocuteur, c’est toujours de très peu et jamais définitivement.

  2. le chafouin dit :

    mais parce qu’heureusmeent, il reste des gens influençables! ;)

  3. Ben dit :

    Cratyle a illuminé mon week-end par cette réflexion lumineuse. Il ya cependant un cadre qui échappe à cette juste analyse, c’est lorsque l’argumentation s’identifie à la preuve dans un cadre axiomatique… Ahhh si la négociation relevait des mathématiques ;-) )

  4. cratyle dit :

    Merci Ben. Même si l’idée de négociation par ordinateur ne serait pas sans quelque peu m’effrayer…

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