Le sens d’une grève

Quels sens donner à cette journée? La lutte des vielles corporations contre l’inévitable modernisation de la société ? Les derniers feux d’une caste de privilégiés? Si c’est bien le cas, encore faut-il savoir qui des cheminots ou des experts en réformologie sont les plus vieillis ou les mieux privilégiés…. 

Contre les évidences un peu trop rapides, je crois que le gouvernement et ses experts sont les véritables représentants du passé. Lequel des deux camps prétend détenir une vérité indiscutable? Lequel disqualifie l’adversaire plutôt que de discuter ses arguments? Lequel refuse l’échange? En un mot, lequel représente le mieux la société du siècle dernier? 

Contre les évidences à nouveau, je crois que le mouvement syndical est bien plus moderne qu’il n’y parait. Les syndicats sont des organisations collaboratives, où la « base » impose son rythme et ses souhaits, où les confédérations encadrent et canalisent des « revendications » -c’est-à-dire des idées- construites au plus prés du terrain. A de rares exceptions prés, les syndicalistes professionnels suivent les mouvements collectifs bien plus qu’ils ne les précèdent.  

Alors, quel sens donner à cette journée? Et si la modernité n’était pas du coté du gouvernement mais du coté du peuple? Je crois voir un sourire            

- La modernité des cheminots… de leur statut… de leur corporatisme… de leurs voies ferrées… vous plaisantez?           

 - Mais ne s’agit-il précisément pas là d’images diffusées par le vieil ordre médiatique, de caricatures imposées?           

- Voyons, tous les experts sont d’accord, tous les journaux sérieux vous le diront… 

Reprenons. Et si la modernité était du coté du grand nombre des engagés? Et si les corporatismes étaient ceux des technocrates paresseux et des vieux médias de masse? Et si les feux syndicaux de ce 18 octobre portaient de nouveaux souffles de démocratisation?  

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